Öko de Mélanie Rutten /

L’envie me prend d’écrire à propos de littérature jeunesse. L’envie me prend d’écrire à propos de littérature.

Une récente visite au Festival du livre et de la parole d’enfant « Grains de sel » d’Aubagne (13) , qui s’est tenu du 16 au 19 novembre dernier, est venue confirmer mon sentiment, à savoir que la catégorisation en genres littéraires distincts s’efface rapidement face à celle autrement plus significative qui fait la part entre les ouvrages de qualité et les autres. La variété, la créativité et la beauté des albums habituellement proposés aux enfants sont telles que je revendique, en tant qu’adulte détenteur de l’autorité, le droit de les leur piquer.

Mélanie Rutten a imaginé, au fil de quatre ouvrages, la vie d’une communauté de petits êtres anthropomorphiques, empruntant parfois aux traits d’une grenouille, d’un éléphant ou d’une taupe. Chaque titre s’attache plus particulièrement à l’un d’entre eux, tout en continuant à faire intervenir les autres. Ces personnages vivent à la campagne et les quatre histoires marquent le cycle des saisons. La nature est omniprésente et constitue souvent le diapason des états d’âme de Mitsu, Öko, Eliott, Nestor et Nour. Ces états d’âme, au sens fort de l’expression, fluctuent au gré d’un deuil, d’un moment de déprime ou de solitude, d’une surprise, d’une promenade ou d’un déménagement.

Le dénominateur commun de ces histoires est que le meilleur arrive toujours de la rencontre avec l’autre. Mais Mélanie Rutten a oublié ses gros sabots, et les choses adviennent subtilement, sans qu’on y prenne garde, lentement. Cela passe souvent par des objets : une pièce de puzzle, une écharpe, un dé, un dictionnaire, une tasse de thé. Les sentiments sont marqués mais la douceur, qui est le contraire de la mièvrerie, est partout. Faisant confiance au lecteur, Mélanie Rutten a volontiers recours à l’ellipse, suspendant tel propos ou telle situation, un léger vent coulis soufflant alors dans les pages aérées.

Les histoires de Mélanie Rutten ont le goût des pommes au four.

Je salue ici le travail des Éditions MeMo, aux publications impeccables, avec une mention particulière pour la collection « Les grandes rééditions » qui, comme son nom l’indique, propose de redécouvrir des livres marquants destinés aux enfants… et à moi.

Mitsu, un jour parfait, Mélanie Rutten, Éditions MeMo, 2008, 60 p., 16 €

Öko, un thé en hiver, Mélanie Rutten, Éditions MeMo, 2010, 60 p., 16 €

Eliott et Nestor, l’heure du matin, Mélanie Rutten, Éditions MeMo, 2011, 64 p., 16 €

Nour, le moment venu, Mélanie Rutten, Éditions MeMo, 2012, 64 p., 16 €

Une rencontre avec Mélanie Rutten, proposée par la Direction des bibliothèques de Vendée en 2017

http://emedia.vendee.fr/doc/IFD/IFD_REFDOC_0002368

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À propos de Benoît Pichaud

Un credo, "... entreprendre de savoir comment et jusqu'où il serait possible de penser autrement." (Michel Foucault)

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