4 décembre 2018

Une peur noire

Cinema Panopticum de Thomas Ott /

 

Une petite fille trouve quelques pièces au fond de la poche de son manteau pour aller à la fête foraine. Elle y croise, sans même parfois les voir, un homme avec une valise, un catcheur masqué, un homme à lunettes jouant au chamboule-tout et un clochard faisant les poubelles. Toutes les attractions sont trop chères pour elle, sauf un petit cinéma panopticum derrière un rideau dans un coin isolé.

Là, en glissant une pièce dans la fente de chacun des cinq appareils, elle visionne une histoire en relief : The Hotel, The Champion, The Experiment, The Prophet et The Girl.

Ces cinq récits, strictement graphiques, nous plongent dans des noirs et blancs somptueux réalisés par grattage. Avec ses quatre cases par page et un sens de la narration incroyable, Thomas Ott créé une atmosphère au mieux inquiétante, au pire franchement angoissante. Il joue de la mise en abyme, du rebondissement et de l’humour noir pour distiller une peur délicieuse.

Kafka et les surréalistes rôdent dans ces pages à la maîtrise impeccable. À cet égard, la chute de la dernière histoire est un petit bonheur de simplicité et de finesse à l’efficacité redoutable.

 

Cinema Panopticum, Thomas Ott, L’Association, 2005, 104 p., relié sous couverture cartonnée et dos toilé, 18,30 €

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À propos de Benoît Pichaud

Un credo, "... entreprendre de savoir comment et jusqu'où il serait possible de penser autrement." (Michel Foucault)

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Bande dessinée